Manger asiatique et sans gluten ? Ce que personne ne nous dit ...
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La cuisine asiatique, avec sa palette infinie de saveurs riches, complexes et réconfortantes, séduit le monde entier. Qui n'a jamais rêvé d'un bol de ramen fumant, de gyozas croustillants ou de rouleaux de printemps frais ? Pourtant, pour ceux qui doivent éviter le gluten, cet univers culinaire peut rapidement devenir un champ de mines. La perception commune est que la cuisine asiatique, largement basée sur le riz, est une option « sûre ». Cette idée reçue est la source de nombreuses frustrations et de mauvaises surprises. Je vais essayer de lever le voile sur quatre réalités surprenantes de la cuisine asiatique qui vous aideront à naviguer dans cet univers avec plus de confiance et de plaisir.
Le paradoxe des nouilles soba, le faux ami du sarrasin
Originaires du Japon, les nouilles soba sont réputées pour être fabriquées à partir de sarrasin, une plante naturellement exempte de gluten. Sur le papier, elles semblent être l'alternative parfaite. Voici le piège : la grande majorité des nouilles soba que vous trouverez au restaurant ou dans le commerce contiennent également de la farine de blé. Pourquoi ? Le sarrasin pur, dépourvu de l'élasticité du gluten, est plus difficile à travailler. Le blé est donc ajouté pour améliorer la texture et réduire les coûts, transformant cet aliment en un véritable « faux ami » pour la communauté sans gluten.
Trouver des sobas 100 % sarrasin est possible, mais cela exige une enquête active. L'établissement "Soba et Sarrasin" à Nantes , par exemple, propose de véritables sobas sans gluten, à emporter ou en livraison. Il faut cependant noter une nuance importante : bien que les produits utilisés en cuisine soient sans gluten, le sarrasin provient d'un producteur local qui cultive aussi du blé , un risque de contamination croisée est donc possible. En ligne, MON EPICERIE DE PARIS propose des Sobas 100% sarrasin de la marque LIMA.
Pour celles et ceux qui vivent en Suisse, l’épicerie Alna Épicerie propose une belle sélection de produits asiatiques et sans gluten, parfaits pour recréer chez soi les saveurs d’un voyage culinaire maîtrisé.

La règle d'or, même pour le riz
Les rouleaux de printemps vietnamiens, ou Gỏi cuốn (littéralement "rouleaux de salade"), sont l'exemple parfait du plat qui semble impliquément sûr. Composés de légumes frais, de crevettes et de vermicelles de riz enroulés dans une galette de riz, ils paraissent inoffensifs. Pourtant, une amie m'a fait partie de son expérience, par simple précaution dans un restaurant, elle a demandé la composition exacte des rouleaux et on lui a répondu que les vermicelles étaient à base de blé. Cette expérience unique lui a enseigné une leçon permanente : il faut toujours poser la question , même pour les plats les plus évidents. La vigilance est la clé.
Cette nécessité de vérifier ne doit pas pour autant décourager l'exploration. Au contraire, elle ouvre la porte à d'autres découvertes. Le Japon, par exemple, nous offre des alternatives poétiques et naturellement sûres, comme les nouilles harusame , fabriquées à base de fécule de patates douces
On traduit les nouilles harusame par "pluie de printemps"
Les trésors cachés au-delà du gluten
Pour quiconque navigue dans un régime sans gluten, les gyozas, ces délicieux raviolis japonais grillés (aussi appelés jiaozi en Chine), sont un symbole de délicieuse frustration. Leur pâte contient exclusivement du gluten. Mais plutôt que de le voir comme un interdit, considérez-le comme une invitation à cuisiner. Cet obstacle perçu est en réalité une formidable opportunité d'acquérir une nouvelle compétence culinaire en apprenant à les faire soi-même.
Du côté sucré, les mochis, ces petits gâteaux japonais à base de riz gluant , sont naturellement sans gluten. La surprise, c'est que les versions industrielles que l'on trouve dans le commerce en contiennent souvent. Heureusement, une solution parfaite existe : "La Maison du Mochi", une pâtisserie située près de Tours et accessible en ligne, propose des créations artisanales 100 % sans gluten et vegan.
L'invitation coréenne, un monde à découvrir
Moins connue en France que ses voisines chinoises et japonaises, la cuisine coréenne est une alternative fascinante et souvent plus accessible pour les personnes sans gluten. Sa philosophie repose sur l'équilibre des cinq éléments , qui se traduisent dans l'assiette par une harmonie de couleurs et de saveurs : le sucré, l'acide, l'amer, le salé et le pimenté.
L'emblème de cette tradition est le kimchi, un mets à base de chou fermenté. Naturellement sans gluten, il en existe plus de 200 variétés, et sa préparation ancestrale est même classée au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Pour une première approche, le restaurant « Soon » à Paris applique cette philosophie dans sa carte. Et pour une immersion encore plus profonde, le chef Pierre Sang a mis à l'honneur des plats d'inspiration franco-coréenne dans ses restaurants parisiens et propose même des cours de cuisine. Attention cependant, comme s'il s'agit de cuisines mixtes, le risque de traces de gluten est présent.
Le piège discret : la sauce soja
C’est l’un des ingrédients les plus emblématiques — et les plus traîtres — de la cuisine asiatique.
Presque tous les plats en contiennent : marinades, sauces, sautés… mais peu de gens savent que la sauce soja classique est fabriquée à partir de blé fermenté, donc loin d’être sans gluten. Même une petite quantité peut suffire à provoquer une réaction chez les personnes sensibles.
La bonne nouvelle ? Des alternatives existent :
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La sauce tamari, issue d’une fermentation 100 % soja, sans ajout de blé, au goût riche et équilibré.
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Les sauces de coco fermentée, comme l’“Aminos” de la marque Coconut Secret, idéales pour les plats sautés ou les marinades légères.
💡 Astuce GourmanTen : toujours lire les étiquettes et poser la question au restaurant — même les sushis les plus simples peuvent cacher un filet de sauce soja classique.

La curiosité est votre meilleure baguette
Explorer la cuisine asiatique sans gluten n'est pas une simple affaire de substitution, mais un véritable voyage. Il exige de la vigilance pour déjouer les pièges cachés, de la curiosité pour découvrir des gastronomies moins connues comme la cuisine coréenne, et parfois un peu d'huile de coude pour recréer chez soi des classiques réputés inaccessibles. Loin d'être un parcours d'obstacles, c'est une aventure riche en saveurs et en découvertes délicieuses.
Maintenant que les portes de l'Asie s'ouvrent, quelle sera votre prochaine destination culinaire ? Quel plat asiatique sans gluten avez-vous déjà testé ? Dites-le-nous en commentaire !
